Insuffisance respiratoire et voyages en avion : des liaisons prudentes

Cette période, propice à la préparation des vacances, amène à s’interroger sur la sécurité des voyages en avion en cas d’insuffisance respiratoire. La pressurisation des avions de ligne correspond à une altitude de 1 500 à 2 450 mètres. Or, à 2 450 mètres, la pression barométrique est diminuée de 15% par rapport au niveau de la mer, exposant la personne insuffisante respiratoire à différents problèmes (dyspnée, céphalées, fatigue…) {1} .

La portabilité des extracteurs d’oxygène, les progrès réalisés sur les batteries des ventilateurs ou encore la législation (« Air Carrier Access Act » américain de 2009) ont permis d’alléger le fardeau logistique des malades {2} . Toutefois, un voyage s’anticipe et se prépare, à commencer par la bonne information du voyageur, de son médecin et de son prestataire de santé à domicile (PSDM) {3;4}.

Voler sous VNI ou 02 : dans quelles conditions ?

Le pneumologue est amené à se poser deux questions :
1. Ce patient requiert-il un test en hypoxie préalable au voyage en avion ?
2. Doit-il utiliser son appareil d’assistance respiratoire pendant le vol ?
Pour y répondre, il existe des documents de référence, tels que dont : les recommandations de la British Thoracic Society (mises à jour en 2022) {4;5} comprenant un algorithme décisionnel, ainsi que la conférence d’experts « Voyage aérien et maladies respiratoires », sous l’égide de trois sociétés savantes dont la Société de Pneumologie de Langue Française (2007) {6}.

Des tests recommandés pour les voyages en avion

En bref et hors cas particuliers :

• Des tests d’hypoxie sont généralement recommandés pour les malades présentant une SpO 2 inférieure à 95%.
• Les patients sous oxygénothérapie de longue durée devront effectuer le trajet aérien sous oxygène.
• Le recours à la ventilation pendant le vol est nécessaire pour les patients ventilés plus de 12h par jour, quelle que soit la durée du vol. Les patients ventilés moins de 12h par jour doivent toujours avoir accès à leur ventilateur en cabine et être ventilés en vol si le trajet dure plus de 6h {5}.

Rôles respectifs {1;6;7}

Si, après évaluation médicale, le vol est autorisé mais doit se dérouler sous support respiratoire, il importe :
• Pour le médecin, de fournir certificat médical et ordonnance au patient.
• Pour le patient, de : contacter la compagnie pour s’assurer que le matériel est autorisé à bord, prévenir le prestataire de son voyage, prévoir une assistance à l’aéroport, se renseigner sur les moyens de rapatriement et assurances à souscrire.
• Pour le prestataire, d’assurer la continuité du traitement du patient (en particulier l’oxygénothérapie jusqu’au relais par la compagnie aérienne), de vérifier qu’il connaît les règles d’utilisation et de transport du matériel, sans oublier de lui fournir un certificat de douane pour les dispositifs médicaux ainsi que des batteries en nombre suffisant pour le trajet.


Références :