Télésurveillance : de la simplification dans l’air ?

Le déploiement à grande échelle de la télésurveillance des patients insuffisants respiratoires chroniques en France se fait encore attendre. Des ingrédients favorables sont pourtant réunis : remboursement en droit commun de la télésurveillance médicale depuis juillet 2023, liste d’inscription dédiée (LATM1), dispositif de prise en charge précoce (PECAN2), maturité des outils technologiques pour la ventilation non invasive (VNI)… Mais ces opportunités d’améliorer la prise en charge et le suivi des patients à domicile demeurent sous-exploitées. 

Limites règlementaires

Seuls quelque 1 500 patients avaient pu bénéficier de la télésurveillance des maladies respiratoires dans le cadre du programme ETAPES (contre près de 20 000 dans l’insuffisance cardiaque)3. En dépit des avancées précitées, cet effectif ne décolle guère aujourd’hui. Des freins organisationnels liés à la réglementation contribuent à expliquer cet état de fait. Le modèle défini pour la télésurveillance en droit commun repose sur trois acteurs – le patient, le médecin opérateur et le fournisseur du dispositif médical numérique (DMN) –, omettant le rôle essentiel du prestataire de santé à domicile (PSDM/PSAD). Résultat : les déploiements se trouvent complexifiés par l’inadéquation entre le cadre réglementaire et la réalité du terrain.   

Vers une accélération en vie réelle

Les porteurs de projets peuvent heureusement bénéficier de soutiens, dont celui de l’association Belvedair. Créée à l’initiative de pneumologues libéraux, elle accompagne les équipes médicales dans la mise en œuvre de la télésurveillance de leurs patients insuffisants respiratoires (démarches administratives, pré-filtrage des alertes…). 

Chez Vestalis, nous proposons par ailleurs au prestataire d’acquérir contractuellement le statut d’exploitant du DMN. L’intérêt ? Fluidifier les échanges entre le prestataire et l’opérateur médical, au travers d’une plateforme simplifiant la gestion centralisée de tous les aspects de la télésurveillance (cliniques, administratifs et logistiques). 

Enfin, le développement à long terme de la télésurveillance et de sa prise en charge financière demande l’obtention de preuves de ses impacts cliniques et organisationnels. Les industriels fédérés par le Snitem plaident à cet égard pour des critères d’évaluation adaptés aux spécificités du dispositif médical numérique. Autant d’efforts qui convergent vers un même but : étendre les bénéfices de la télésurveillance médicale à davantage de patients. 


Références :