| De l’entrée dans le droit commun en juillet 2023, aux récentes recommandations pratiques de la Société Européenne de Pneumologie (ERS) {1}, les planètes semblent s’aligner pour la télésurveillance des patients insuffisants respiratoires. Mais des défis subsistent pour passer à l’échelle, en particulier des freins culturels et organisationnels. C’est pourquoi l’association Belvedair, portée par des pneumologues libéraux et hospitaliers {2}, agit pour simplifier la mise en œuvre de la télésurveillance par les médecins opérateurs, en coordination avec les prestataires et les éditeurs de dispositifs médicaux numériques (DMN). Explications du Dr Christophe Zanetti, Président de Belvedair et pneumologue libéral à Lens (62). |
| À quels besoins répondait la création de Belvedair en mai 2023 ? |
![]() Dr Christophe Zanetti : « Nous avions identifié plusieurs freins au déploiement de la télésurveillance respiratoire. Premièrement, la méconnaissance des DMN par les pneumologues libéraux. Deuxièmement, la télésurveillance pouvait paraître complexe à instaurer et à facturer. Venait ensuite la question de l’accompagnement thérapeutique, qui requiert du personnel formé. Cette tâche n’est pas toujours simple à effectuer en cabinet de ville, avec des équipes réduites, d’où l’intérêt de s’appuyer sur un prestataire. Belvedair a donc été créée pour démystifier cette pratique, en faciliter la mise en place et maintenir les PSDM dans la boucle, dans la continuité du programme ETAPES. Les prestataires ont d’ailleurs, comme les médecins, la possibilité d’adhérer à l’association. |
| Quelles sont vos actions, concrètement ? |
| La première mission de Belvedair porte sur l’information et la formation des médecins et des équipes, avec la conviction que la télésurveillance médicale est essentielle pour l’avenir et que les instaurations à domicile vont se développer. Nous apportons ensuite un guichet unique, pour guider pas à pas les pneumologues dans leurs projets de télésurveillance. Ils peuvent télécharger sur notre site tous les documents utiles, dont un formulaire de consentement patient valable pour toutes les plateformes. Le médecin a le choix entre les DMN certifiés conformes, dont Vestalis. Notre seule demande est de pouvoir récupérer les données de télésurveillance pour le registre Renavo-tel en cours de constitution, dans l’intérêt partagé de développer des connaissances et des indicateurs utiles pour nos pratiques. Pour l’accompagnement thérapeutique du patient et le pré-filtrage des alertes : soit le médecin choisit de les gérer seul, soit il confie ces actions à un prestataire – celui partenaire de l’association (Zéphyr Paramed) ou un autre de son choix. Quel que soit le prestataire choisi, l’association joue son rôle de facilitateur pour la facturation et les autres démarches. |
| En pratique • Le coût d’adhésion à Belvedair est de 46 euros par an, comprenant : l’accès au site de l’association (documents, guide), un contact privilégié, une aide pratique à la délégation de tâche et la possibilité de prendre part aux projets de recherche clinique menés par Belvedair. • Le médecin reverse la moitié de son forfait opérateur (28 euros par mois et par patient) à l’association, qui en reverse 12 euros au prestataire choisi par le médecin et garde 2 euros pour son fonctionnement. • Plus d’informations sur : https://assobelvedair.fr/ |
| Deux ans et demi après la création de l’association, percevez-vous un essor de la télésurveillance VNI ? |
| Nous voyons une augmentation assez nette des inclusions, surtout depuis début 2025. Un vrai tournant doit encore s’opérer en pneumologie de ville. Un leitmotiv de l’association consiste à rassurer sur le volume des alertes générées par la télésurveillance : les études montrent qu’elles ne sont pas si nombreuses {3} et le pré-filtrage confié à un prestataire permet justement au médecin de ne recevoir que les alertes pertinentes. Nous rappelons aussi aux opérateurs que ce n’est pas un système d’urgence. Bien sûr, le délai de réponse compte mais l’objectif est surtout d’améliorer la prise en charge sur le long terme. Enfin, il est important de faire ressortir les bénéfices cliniques de la télésurveillance – diminution des fuites et des événements obstructifs, amélioration de l’observance – et la tranquillité d’esprit qu’elle procure entre deux rendez-vous, grâce au suivi de l’état clinique du patient. |
| A bientôt, L’équipe Vestalis |
Références :
1. Duiverman ML, Ribeiro C, Tonia T, et al. European Respiratory Society Clinical Practice Guideline on Telemedicine in Home Mechanical Ventilation. Eur Respir J 2025; in press (https://doi.org/10.1183/13993003.00094-2025).
2. Fondateur de Belvedair, le Dr Yves Grillet, décédé début 2024, était Vice-président de la Fédération Français de Pneumologie. L’équipe de Belvedair comprend aujourd’hui, outre son Président Christophe Zanetti, les pneumologues François Bughin (CHU de Montpellier), François Jounieaux (Hôpital privé La Louvière à Lille), Bruno Stach (pneumologue libéral à Valenciennes et Président du SAR – Syndicat National de l’Appareil Respiratoire), Léo Grassion (CHU de Bordeaux), ainsi que Thomas Réginault, masseur-kinésithérapeute au CHU de Bordeaux, co-fondateur de Zéphyr Paramed, et Juliette Masson, chargée de mission qui gère le guichet unique.
3. Voir notamment Arnal JM., Arnaud PY., Courtières E., Roucou M., Balzeau P., Desteffani P.,Garnero A., 2024. Mise en place du forfait télésurveillance de la VNI : premières expériences.
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1877120324002453
